Catégorie : Critiques

Comment ne pas être impatient de retrouver le nouvel opus d’Assassin’s Creed. Il est vrai que depuis le faux pas d’Unity et le très insipide Syndicate, la célèbre licence d’Ubisoft était en sérieuse perte de vitesse. Mais voilà, après deux ans d’absence, Assassin’s Creed revient avec un nouveau lieu, une nouvelle époque et un système de jeu entièrement revu. Mais cela sera-t-il suffisant ? C’est ce que nous allons voir dans ce Crash Test.

Revenir dans le passé pour mieux oublier le présent 

Assassin’s-Creed-Origins-

Depuis quelques épisodes, il devient difficile de suivre et surtout de comprendre les différentes ficelles de la trame de fond des Assassin’s Creed. Certes nous apprécions les scénarios particuliers de chaque opus, sans pour autant profiter d’une veritable mise en lumière de l’histoire fil rouge de la série. Cet opus ne fera malheureusement pas figure d’exception.
Pour revenir au scénario d’Origins, nous sommes en Egypte durant le règne de Ptolémée XIII en 48-49 avant Jésus Christ. Ce dernier, corrompu par le pouvoir, a chassé sa soeur du trône, Cléopatre, devenant ainsi Pharaon. Il est d’ailleurs manipulé par l‘Ordre des Anciens, société secrète malfaisante qui influence tous les grands dirigeants de l’époque. Nous prenons ainsi les commandes de Bayek, le dernier Medjay, une sorte de justicier & protecteur des traditions de l’Égypte ancienne. Suite à une terrible tragédie, notre héros décide de mener sa quête de vengeance et croisera ainsi la route de personnages historiques, jusqu’à la création d’une certaine Confrérie des Assassins.

Après un prologue confus, nous partons pour une longue et riche aventure que nous n’oublierons pas de si tôt. Même si celle-ci se compose d’une trame principale, les quêtes secondaires sont loin d’être en reste. Fini les petites missions répétitives et sans intérêts des précédents opus, désormais elles disposeront d’une véritable intrigue narrative. On y appréciera notamment la présence de cut-scenes et la variété de missions qui peuvent aller de 10 minutes à 1 heure de jeu. Notez que l’ensemble de la carte d’Assassin’s Creed Origins vous est offerte en totale liberté. Nous saluons d’ailleurs l’incroyable travail accompli par les équipes d’Ubisoft dans la reproduction de l’Egypte ancienne. Le résultat est tout simplement magistral et très généreux en contenu.

assassin's Creed origins

Plus besoin de se synchroniser au sommet d’une tour pour en dévoiler les détails, une simple visite suffit. Vous avez donc le choix de suivre scrupuleusement le fil rouge du scénario principal ou de vous laisser aller à travers différentes activités (courses de char, alignement d’étoile et bien d’autres) ou partir à l’exploration et découvrir les mystères de l’Egypte ancienne. Ce n’est pas pour autant que les synchronisations sur les différentes hauteurs du jeu sont devenues inutiles, bien au contraire. Elles vous permettront de vous téléporter sur vos lieux de synchronisation, ce qui vous sera très utile vu la taille de la monstrueuse carte du jeu.

map assassin's creed origins

Du RPG à la rescousse !

L’une des plus grandes (r)évolutions se passe au niveau du gameplay. Assassin’s Creed Origins prend un virage nécessaire, passant de l’action/aventure à l’action/RPG. Les combats ne sont plus de simples enchaînements de coups scriptés contre des ennemis attendant sagement leur tour pour mourir. Désormais vous devez faire preuve de stratégie et agir selon le nombre d’adversaires et leurs capacités. Aussi, vos équipements et votre expérience vous donneront un avantage plus ou moins important selon la situation. Durant les combats, vous devrez bloquer, esquiver et frapper votre ennemi tout en gardant un oeil sur ses coéquipiers, qui n’hésiteront pas à prendre part au combat. Gardez néanmoins en tête qu’une approche frontale peut rapidement s’avérer mortelle et même si vous avez de l’expérience, une attaque mal préparée vous expose à de lourdes représailles. Pour combattre, vous disposez d’un coup simple, d’un coup puissant et d’une jauge qui, une fois remplie, vous offrira une attaque  mortelle ou l’accès à un mode furie.

Assassins Creed Origins

Ce nouveau système de combat est une véritable bouffée d’air frais et rend chaque bataille aussi unique qu’intéressante. Seul gros bémol, les mouvements semblent beaucoup plus hachés, mécaniques et donc au final beaucoup moins stylisés que dans les précédents opus. Heureusement, les « finish » spectaculaires à l’issue de chaque combat remontent le niveau.

La durée de vie profite également de l’orientation RPG qu’a pris la licence d’Ubisoft. Même s’il y a toujours une trame principale, l’excellente scénarisation des innombrables quêtes secondaires vont vous tenir en haleine de très longues heures. On peut compter plus de 50 heures de jeu sans forcer et le double pour ceux qui pousseront plus loin l’exploration. On apprécie d’ailleurs comment le jeu nous pousse naturellement à prendre notre temps pour avancer dans le récit principal.
Cela nous renvoie au système d’XP qui sera votre point d’ancrage durant toute votre progression dans l’aventure. Il vous permettra de gérer l’évolution de votre personnage, vos choix de mission et même la façon de tuer vos adversaires. Le niveau d’XP de notre héros évoluera ainsi au fur et à mesure des missions, des combats dans le jeu. Mais attention, vous ne pouvez pas faire n’importe quoi et affronter un ennemi disposant d’un niveau d’XP largement supérieur vous conduira à une mort certaine. Ces derniers sont identifiables par un indicateur rouge au-dessus de leur tête. Aussi, il est très déconseillé de se lancer dans une mission dont le niveau d’XP nécessaire est plus élevé que le vôtre, au risque de se retrouver face à une très forte difficulté. Ce système est appréciable tant il rend la progression dans le jeu plus cohérente et constructive.

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Pour vous aider dans votre aventure, vous serez accompagné d’un aigle, nommé Senu, dont vous pouvez prendre le contrôle. Il vous permettra de détecter les éléments importants qui vous entourent (points d’intérêt, animaux, ennemis, trésors et bien d’autres) et sera d’une très grande utilité dans les phases d’infiltration (marquage d’ennemis).

assassin's Creed origins

On me voit, on me voit plus, on me voit…

Comme dans les précédents opus de la série, les phases d’infiltration sont de la partie. Elle vous permettent une approche plus stratégique contre vos ennemis. Malheureusement, elles mettent en avant un système daté et basé sur des schémas bien particuliers. Cela nous donne des phases de jeu scriptées, même sur des zones étendues. Pourquoi ? Car si vous n’usez pas des zones et outils propres aux système d’infiltration du jeu, vos ennemis vous repaireront aussitôt. Même si ces derniers se trouvent trop loin pour entendre quoi que ce soit.

La beauté a un prix

Ne tournons pas autour du pot Assassin’s Creed Origins est très beau, pour un open world. Galoper dans un désert entouré de palmiers, de pyramides et de sable doré à perte de vue est tout simplement grisant. Visuellement impeccable, le titre bénéficie d’une distance d’affichage impressionnante et d’un soin tout particulier sur les différents monuments.

assassins creed origins

Cependant la modélisation des personnages est assez inégale, entre notre héros correctement détaillé et des personnages secondaires beaucoup moins soignés. Les animations sont également très inégales, notamment pour les PNJ (personnages non joueurs ndlr) qui se déplacent parfois de façon incohérentes et se coincent régulièrement dans des éléments du décor.

Console boostée obligatoire ?

Même si l’ensemble de notre test a été réalisé sur Xbox One S, nous avons pu tester durant quelques heures le jeu sur Xbox One X. Le constat est sans appel, ce nouvel Assassin’s Creed est clairement fait pour ces nouvelles consoles inter-générationelles-boostées que sont les PS4 Pro & Xbox One X. Le problème est que lorsque l’on revient sur One S, le jeu pique clairement les yeux. Textures baveuses, bugs d’affichages, popping, aliasing et autres petits accrocs techniques.

assassin's Creed origins

Côté fluidité, Origins assure fièrement un 30 fps (images par seconde ndlr) – quasi stable – en 4K sur One X. Sur Xbox One S, le constat est beaucoup moins bon, le jeu passant de 28-30 fps à 21-23 fps au cours de certaines cut-scenes ou dans les lieux denses (villes et autres lieux remplis de population, monuments etc). Et par moment, le jeu s’avère très désagréable à jouer tant la fluidité n’est pas au rendez-vous.
Nous sommes cependant bien loin des problèmes techniques d’un Unity, mais Ubisoft ne parvient pas totalement à chasser les fantômes du passé sur tous les supports.

Le fait est là, cet Assassin’s Creed donne fortement l’impression d’être taillé pour les consoles 4K au détriment du reste du marché. Rappelons qu’il se vend aujourd’hui à peine une PS4 Pro pour cinq PS4 et que la One X vient à peine de sortir. Cette démonstration de force technique ciblée sur les ces consoles de mi-génération semble oublier l’essentiel : La majorité des joueurs aujourd’hui n’y sont pas.

Assassins Creed Origins

Mission accomplie pour Ubisoft qui remet à flot sa célèbre licence commencée 10 ans plus tôt. Après un Syndicate qui ne parvenait pas à remonter la barre, Assassin’s Creed Origins renouvelle la quasi totalité de son système de jeu, pour notre plus grand plaisir. Ainsi nous avons droit à des combats entièrement repensés et une narration beaucoup plus travaillée. Les personnages ne sont pas en reste même si on a pu noter quelques problèmes d’IA, notamment en infiltration. Le système de progression a été, lui aussi, entièrement revu et permet désormais une évolution beaucoup moins linéaire tout au long du jeu. Le tout, au coeur d’une Egypte ancienne reconstituée de façon magistrale et surtout dotée d’un contenu extrêmement riche (quêtes, monuments et personnages historiques etc) vous assurant de longues heures de jeu.
Venons maintenant au gros défaut de cet Assassin’s Creed : la technique. Si vous possédez une Xbox One X ou une PS4 Pro, vous n’avez pas de souci à vous faire. Le jeu tourne véritablement comme une horloge,  en toute fluidité et avec de très rares bugs graphiques. Pour ceux qui sont sur la majorité des consoles de cette génération, la PS4 et One S, c’est un véritable festival. Chutes de framerate, popping et autres problèmes techniques sont au rendez-vous. L’open world n’excuse pas tout et cela entache malheureusement l’expérience finale du jeu.

En conséquence, nous n’allons pas vous donner un prix mais deux prix dans le cadre de ce Crash Test. En effet le prix conseillé du jeu dépend véritablement de la console que vous possédez.

 

Crash test

La note du Crash Test sur PS4 et Xbox One S est de 30 €

 

La note du Crash Test sur Xbox One X et PS4 Pro est

de 55 €

 

Mais qu’est ce qu’un Crash Test ? Contrairement aux nombreux tests que l’on peut trouver, la note finale est donnée à travers un prix d’achat conseillé. Partant du prix de vente neuf constaté (environ 59,99€ dans le cas d’Assassin’s Creed Origins), Crash Test tacle là où ça fait mal et vous donne la véritable valeur d’un jeu. Pourquoi payer trop cher ses jeux vidéo ?

 

Comme tous les ans, EA nous délivre sa nouvelle édition annuelle de Fifa sur PS4, Xbox One, PC, PS3, Xbox 360 et grande nouveauté… sur Nintendo Switch.

Vous l’aurez compris, cette année une nouvelle version de Fifa 18 fait son entrée. Elle est très attendue pour deux raisons. La première, il s’agit du premier Fifa de la Nintendo Switch. Et la seconde, celle-ci promet les sensations et la qualité de jeu d’une console de salon, en mode portable. Alors, pari réussi pour Fifa 18 Switch ?

Fifa 18 Nintendo Switch

Petit mais costaud !

Commençons par ce qui nous saute aux yeux, aussi la chose que l’on appréhendait le plus : les graphismes. Etant donné la puissance de la console de Nintendo, le nouveau moteur Frostbite s’est vu remplacer par « l’ancien » Ignite engine. Cela se ressent notamment au niveau des textures, des effets de lumière et surtout de l’animation des joueurs. Passé cela, cette version est plutôt propre, les joueurs sont bien modélisés, les gestes sont, certes, plus hachés mais restent très convaincants. On retrouve toutes les sensations que l’on attend d’un Fifa, malgré un fort arrière goût d’Old Gen (Xbox 360, PS3 ndlr). L’IA (intelligence artificielle ndlr) est proche, voire identique, de celle que l’on peut retrouver sur les versions PS4 et ONEs. Comme dans ces dernières, la réaction des gardiens reste apathique face aux attaquants. Une récente mise à jour devait régler cela mais nous n’avons pas pu en constater les effets, autant sur PS4, Xbox ONE et malheureusement sur Switch.

Trop léger ?

Côté mode de jeu, l’essentiel est là. Nous retrouvons avec plaisir le mode Carrière, Ultimate Team et Saisons qui vont sans doute nous tenir en haleine de longues heures. Malheureusement on déplore également de (gros) absents tels que les modes Aventure et Clubs pro. Aussi, il vous est impossible de lancer une Saisons Coop en ligne et pire, vous ne pouvez pas jouer avec vos amis en ligne. Un énorme point noir qui dessert le jeu et surtout le mode online de la Nintendo Switch qui doit encore faire ses preuves.

fifa 18 switch Condamné à jouer contre des inconnus, une autre désagréable surprise nous attend, la stabilité des matchs en ligne. Tout ceux qui ont déjà fait des matchs de saison en ligne bourrés de ralentissements savent à quel point il est pénible, voire impossible, de jouer dans ces conditions. Lors de nos tests, nous avons rencontré des difficultés à trouver un adversaire et à finir un match sans le moindre ralenti. Notez que nous avons fait des parties en wifi en mode portable et en mode console de salon. Espérons qu’une prochaine mise à jour améliore cela. En attendant, privilégiez la connexion par câble lorsque vous jouez depuis le dock.

fifa 18 switch Bonne surprise côté gameplay, qui offre les sensations que l’on attend d’un jeu Fifa. Vous pourrez ainsi aisément caler vos gestes techniques ou encore faire vos tirs en finesse en pleine lucarne. Cette version Switch permet également de jouer à plusieurs en utilisant un JoyCon pour chaque joueur. Néanmoins, avec seulement un stick et deux gâchettes ce dispositif assure le strict minimum,  mais reste globalement jouable et fun. Il sera donc préférable d’avoir plusieurs manettes pour jouer avec ses amis dans les meilleures conditions.

En conclusion, Fifa 18 Switch offre le strict minimum de ce que l’on peut attendre d’un jeu de simulation de football en 2017. Loin d’être à la hauteur des versions de salon, il a le mérite d’être le meilleur Fifa sur console portable.  Nous avons droit à des sensations de jeu excellentes, des graphismes largement acceptables et surtout une fluidité exceptionnelle. Mais le manque de modes de jeu et les limitations en ligne nous rappellent que nous sommes sur une version très allégée. Nous sommes donc très loin des versions PS4 et Xbox One et malheureusement de la promesse de la Switch.

Malgré ses nombreux défauts, Fifa 18 Switch marque LE vrai grand retour de la franchise chez Nintendo, tout en devenant LA référence de jeu de foot sur console portable.

La note du Crash Test de Fifa 18 sur Nintendo Switch est de 29,90€

Mais qu’est ce qu’un Crash Test ? Contrairement aux nombreux tests que l’on peut trouver, la note finale est donnée à travers un prix d’achat conseillé. Partant du prix de vente neuf constaté (51,99€ dans le cas de Fifa 18 Switch), Crash Test tacle là où ça fait mal et vous donne la véritable valeur d’un jeu. Pourquoi payer trop cher ses jeux vidéo ?

Voici notre critique de « Ça » à la suite d’une projection au Max Linder. Pour la mise en contexte, sachez que je n’ai pas vu les 2 téléfilms originaux, ni lu les livres de Stephen King. Cela dit, l’univers de Pennywise AKA Grippe-Sou en VF, ne m’était pas inconnu.

Avec cette version 2017 qui affiche ces ambitions, on a le droit à un remake des films des années 80 réalisés par Tommy Lee Wallace (alors petit protégé de John Carpenter), remis au goût du jour. En effet, « Ça » s’inscrit dans le regain de popularité des films d’horreur qui a lieu depuis quelques années, le grand public aimant s’adonner à ce frisson en salle (parfois pour le meilleur, comme pour le pire). Pour ce remake, on a droit à Andrés Muschietti derrière la caméra, soit le réalisateur de Mama, un thriller horrifique intéressant. Ce choix semble cohérent et l’Argentin semble accepter le poids de sa mission de réinventer le mythe de Stephen King qui a traumatisé une génération dans les 80’s

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D’ailleurs la vague nostalgique des années 80 déferle depuis quelques années, dans la musique (retro synthwave), dans le jeu vidéo (coucou la NES et SNES mini) ou encore le cinéma (les remakes, Super 8 et surtout Stranger Things). Le remake de « Ça » s’inscrit clairement dans cette tendance, ne se gênant pas pour disséminer plein de clin d’oeil en guise de références dans le film (Gremlins, Anthrax, Supercopter, Metallica…). Si on doit faire un rapprochement étrangement voyant, on aurait tendance à dire que « Ça » a un très gros feeling « à la Stranger Things ». On poussera même le vice à préciser que l’un des jeunes acteurs du film, Finn Wolfhard, est également présent dans le casting principal de Stranger Things.

Finn Wolfhard ca stranger thingsOn reviendra plus tard sur cette similitude mais « Ça » procure beaucoup de feeling Spielbergien, surtout l’époque des années 80 et ses projets mettant en scène des enfants ( Les Goonies, E.T, Gremlins…). Seulement, ce remake propose des scènes assez gores mais cohérentes avec l’esprit malsain (mais pas trop) qui se dégage de la vision du film. En effet, le film prend le temps d’exposer ses thématiques, avec un long métrage d’environ 2h20. Ces thématiques propres à l’œuvre de base (la peur, les angoisses de l’enfance, l’amour, le passage à l’âge adulte, la pédophilie…) sont plutôt bien abordées mais sont parfois sapées par le rythme et le montage du film. En effet, certaines tensions dramatiques sont désamorcées par un humour omniprésent dans ce remake, un humour qui aère le film mais qui dessert parfois ses propos.

« Ça » est souvent drôle à ses dépens et c’est dommage. En effet, le film a de véritables idées de mise en scène ingénieuses mais alterne avec une structure prévisible et classique de films d’horreurs. Sans parler des fameuses scènes « drôles » qui sont souvent celles où une bande son rock/metal intervient (Anthrax – Antisocial par exemple), cassants trop souvent l’immersion horrifique. Au delà de ce faux pas, la réalisation d’Andrés Muschietti est très propre, mention spéciale à la photographie et les plans du film, très soignés.

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En ce qui concerne les effets spéciaux, le film s’en sort bien malgré quelques scènes, notamment avec Pennywise/Grippe-Sou qui aurait mérité un poil plus de travail pour ne rien avoir à dire sur ce volet là. Au passage, on soulignera le superbe travail de maquillage Pennywise. Puisque l’on parle du clown maléfique, on soulignera l’excellente prestation de Bill Skarsgård (de la famille « cinématographique » Skarsgård dont l’un des frères joue Loki dans Vikings) qui n’a pas été choisi au hasard. Jugez plutôt ce post instagram où l’acteur suédois dévoile son sourire de Joker ! (une idée d’acteur pour le futur film consacré au Némésis de Batman ?)

Le casting des enfants s’avère également très crédible. On se prend d’affection pour cette bande de gamins qui va devoir affronter cette horreur. On évitera pas la comparaison avec Stranger Things, notamment par la structure du groupe composé d’une bande de garçons accompagnée par une fille. Petite mention au jeune acteur Jaeden Lieberher qui s’en sort très bien, l’arc narratif de son personnage étant bien équilibré, entre looser bégayant et sa progression en tant que leader parmi ses amis.

Au final, ce « Ça » 2017 est globalement une réussite, alternant entre le très bon (le casting, des scènes mémorables, ses thématiques) mais aussi le moins bon (narration, structure trop classique du genre, des scènes trop légères qui cassent l’immersion). Les puristes de l’œuvre originale (littéraire) ne semblent pas tout à fait conquis mais en tant qu’entité cinématographique, nous avons là le droit à un très bon remake dont plusieurs questions restent en suspens mais qui trouveront réponse plus tard. En effet, la suite prendra la forme d’un deuxième chapitre où les enfants seront (normalement) projetés 27 ans plus tard, donc adultes, pour continuer le combat. La boucle est bouclée car cette suite semble suivre la structure mise en place par les deux téléfilms des années 80. Osons le « Ça s’en va et Ça reviendra ! », en espérant que la suite viendra gommer les imperfections de ce remake intéressant à plus d’un titre.

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On vous donne notre avis sur La Planète des singes Suprématie. Un film truffé de référence et qui malgré son statut de  blockbuster laisse une grande place au drame. Un vrai Blockbuster intelligent !

Dans La Planète des singes Suprématie, on retrouve au casting : Andy Serkis, même si on ne s’en rend pas compte de prime abord, en tant que César, et Woody Harrelson en colonel antagoniste avec un fort complexe de dieu. Ce joli casting se retrouve sous la houlette de Matt Reeves, qui reprend du service après avoir dirigé le précédent épisode et les deux Cloverfield. Il pourrait, d’ailleurs, diriger le prochain Batman dans l’univers DC.

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             I’m Batman !

L’histoire se déroule dans un futur post apocalyptique, où une partie de l’humanité a été anéantie par un virus. Et c’est grâce à ce virus, que les singes sont la nouvelle espèce dominante. Effectivement, il leur a permis de développer des capacités de réflexion accrues. L’Homme est donc terrifié par César et ses hominidés. Un colonel de l’armée part alors en croisade contre les primates. Tandis que de nombreux singes sont tués, César décide de venger son espèce. Il va ainsi devoir affronter son pire ennemi (et pas forcément le colonel).

Le film est dans la droite ligne de ses prédécesseurs. En effet, il prolonge Dawn of the Planet of the Apes dans une logique clinique. Il lie, en outre, le film à la mythologie du tout premier La Planète des singes avec Charlton Heston, en plus de l’ancrer dans un sujet plus que pertinent aujourd’hui. Tout cela, à travers une épopée dramatique mais résolument humaniste. Sans compter que, le récit bénéficie du savoir faire technique de Weta Digital, et ressemble fort à un tournant, voir une petite révolution pour la performance capture.

Une performance technique et artistique

L’une des parties les plus époustouflantes du film est son aspect technique. Il suffit, pour cela, de regarder les B-roll du tournage, pour s’en rendre compte. Car, derrière les simiens en CGI (Computer Generated Image) se cache des humains. D’ailleurs, le degré de réalisme atteint sur le film est du jamais vu. A tel point, que je me suis, à plusieurs reprises, demandé si de vrais singes avaient été utilisés sur le plateau. Aujourd’hui, Weta Digital, avec la performance capture, est en mesure de transposer le jeu d’un acteur à un personnage en CGI.

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Une longue piste balisée par Avatar et qui, aujourd’hui, semble se transformer en boulevard. Cet exploit technique vient faire écho à l’histoire du film. En effet, les singes sont en passe de remplacer les humains. A travers cette double lecture, la technique se met au service du récit et passe de plus en plus inaperçu.

Malheureusement, il est parfois difficile d’imaginer qu’un acteur se cache derrière les CGI. C’est pourquoi, il faut souligner le travail remarquable d’Andy Serkis et de ses collègues acteurs aka singes aka CGI. Ils réalisent une véritable prouesse, puisqu’ils doivent s’imaginer dans la peau d’un singe et l’intégrer à leur jeu. C’est d’autant plus malheureux, que leurs performances n’a pas de place parmi les grandes récompenses tels que les Oscars, pour lesquels ils n’ont jamais été nominés. Alors que l’artiste en est pour beaucoup dans la création des personnages, comme César pour Andy Serkis ou Bad Ape pour Steve Zahn. En particulier le sentiment d’empathie que l’on éprouve pour eux. En effet, les singes expriment plus d’humanité que les Hommes dans le film.

Voici un article en anglais, qui développe le sujet sur la performance des acteurs qui se cache sous les CGI.

Des références mythiques

Le « ouah » des effets spéciaux dépassé, on se plonge dans le film. Là, se trouve la substantifique moelle de la saga, qui vient piocher dans de multiple univers. C’est une avalanche de références : du western, à la science-fiction en passant par le péplum biblique, le film de guerre ou encore de prison. On retrouve tous les ingrédients d’un grand film. Par exemple, le colonel est fortement inspiré du colonel Kurtz dans Apocalypse Now. Le film cite, de plus, des références comme : La grande évasion avec Steve McQueen (retrouvez notre article sur A Way Out ici), ou bien, Les dix Commandements avec Charlton Heston.

Car son histoire est fortement imbibée des récits bibliques. En effet, César doit sauver son peuple et le mener vers une terre promise. Moïse n’est pas loin. Quoi de plus naturel donc que de faire le lien avec ces grands films qui de plus, l’ancre plus profondément dans la saga. Notez que Charlton Heston est le personnage principal du premier La Planète des singes et Les dix commandements.

Il en va de même pour la musique, qui est à la fois dramatique et homérique. Elle reflète parfaitement l’esprit du film. A cet effet, Michael Giacchino a su y apporter la grandeur nécessaire pour se rapprocher des monuments filmiques cités plus haut.

Une épopée dramatique

La quête de vengeance du héros est basée sur un drame bien humain. Et c’est là que le film pioche toute sa force. En effet, il sait mettre en retrait son côté blockbuster pour venir travailler ses personnages. Il le fait, de plus, de façon plus subtile qu’à l’accoutumé. Car la plupart des séquences sont muettes, puisque les singes ne parlent pas. Cela donne un côté poétique, plus particulièrement la relation qui se crée entre une petite fille aphasique et les héros simiesques.

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Le film est dénué de tout manichéisme. Par exemple, on comprend les motivations du colonel, alors que le personnage est plutôt abject. Il en va de même avec la relation qui s’installe entre César et le colonel, qui  dépasse celle du combat entre le bien et le mal, car c’est avant tout une histoire de survie entre ces différents peuples. Il a du blockbuster son emphase pour le grand spectacle, et tire son côté dramatique de la relation entre les personnage et les épreuves qu’ils ont traversé.

Voilà donc un blockbuster épique et dramatique avec des pointes poétiques qui nous emmène dans l’épopée de tout un peuple qui tente le tout pour le tout afin de survivre à une guerre qu’il n’a pas déclenché. C’est à travers un exode semé d’embûches, qu’ils parviendront à trouver une terre promise. Hum je me demande ce que ça me rappelle dans l’actualité…

Bravo aux artistes derrière ce film, qui pousse toujours plus loin le cinéma. Mais ne vous inquiétez pas, il est déjà prévu une suite à La Planète des singes Suprématie.

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Après son buzz outre atlantique, il débarque en France. Get Out est-il vraiment le thriller de l’année ? Le racisme est-il l’unique moteur du film ? Voici notre verdict.

Get Out est un film Américain écrit et réalisé par Jordan Peele, humoriste reconnu mais « novice » du septième art, notamment en tant que réalisateur. Nous suivons ainsi les aventures de Chris, jeune photographe, invité par sa copine, Rose, à passer un week-end chez ses parents, Dean et Missy Armitage. Etant afro-américain, le jeune homme s’inquiète de la réaction de ses « beaux-parents » blancs, face à leur union. C’est donc sous cet angle que le film débute. Le bon vieux rendez-vous familial placé sous le spectre du racisme, avec ses malaises, ses tensions ouvrant la porte à de nombreuses scènes cocasses et mystérieuses.

Get Out

Très bien rythmé, Get Out nous livre une première partie sous le signe du suspense. Le spectateur est placé à travers les yeux du héros, Chris, ainsi une véritable empathie se crée avec lui. Très rapidement ses beaux-parents passent d’un comportement excentrique à gênant. Plus troublant encore, les domestiques – également afro-américains – se comportent, selon Chris, comme à une « époque révolue » (Esclavage / temps des plantations). La situation empire lorsqu’il se sent traité comme une vulgaire pièce de viande, au cours de la garden party familiale. Cela sans avoir idée de ce qu’il se trame dans son dos, ni les horreurs qui l’attendent. N’allons pas plus loin côté histoire, pour éviter tout spoil sur le film.

Cette « petite production » (un budget de 5 millions ndlr) impressionne de par sa mise en scène brillante, nous faisant passer par l’angoisse, le stress, le rire, sans oublier la peur. Il est important de noter qu’il s’agit plus d’un thriller bien ficelé, que d’un simple film d’épouvante-horreur. Vous vous interrogerez plus sur le destin du héros que vous ne sursauterez aux jumpscares présents dans le film. Nous pouvons donc dire que Get Out nous sert un délicieux cocktail d’émotions enrobé par un scénario simple mais très bien amené. Cela en fait un véritable classique du genre (Note PopCornGame : 5/5).

Une double lecture brillante ! [Spoilers à suivre]

Get-Out

Le plus grand point fort du film est sa capacité à manipuler le spectateur en le plongeant littéralement dans le corps du héros. Comme le présente l’affiche, nous suivons le déroulement du film littéralement à travers les yeux de Chris. Dès le début, ce dernier justifie chaque événement bizarre par un racisme évident. Il entraine avec lui les spectateurs dans son appréhension à rencontrer ses beaux-parents blancs, sa réaction à l’encontre des autres afro-américains « bizarres », jusqu’aux événements tragiques qui suivent. En restant figé sur cette idée, Chris place le spectateur dans sa lecture du film où le racisme y tient une place centrale. Mais est-ce vraiment la seule lecture que l’on peut faire de Get Out ? Non et c’est ce qui est très fort.

Pour revenir à l’histoire, Chris découvre que ses beaux-parents hypnotisent de jeunes afro-américains pour les lobotomiser et les revendre à de riches blancs. Le plus horrible est qu’ils se servent d’eux pour transférer leur esprit et ainsi vivre une seconde jeunesse, à travers le corps de ces « beaux et bien portants » afro-américains. Cerise sur le gâteau, la bien aimée de Chris, Rose, s’avère être la sexy rabatteuse de ce sordide marché noir.

C’est là que le film se révèle très brillant. Nous sommes tout d’abord soumis au regard et préjugés du héros et donc sous le spectre du racisme. Cependant après une première lecture du film, rien n’avance clairement que les grands méchants sont « racistes ». En effet, les victimes semblent être jusqu’à présent des afro-américains mais cela n’est pas forcément le critère principal de sélection.
Pour étayer cela, plusieurs éléments entrent en compte. Tout d’abord, les parents et les amis de la famille, que Chris croise, ne semblent pas du tout gênés par sa couleur, bien au contraire. Egalement, ils l’admirent pour ses qualités, certes stéréotypées, d’afro-américain (Athlète, « bien portants », forts etc). On ressent même une empathie, certes maladroite, lorsqu’ils lui posent des questions sur sa vie d’homme de couleur aux US, son travail etc. On peut également noter quand, au début du film, Rose prend violemment (et sincèrement) la défense de Chris face à un policier faisant un « excès de zèle » limite.
Enfin, lorsque l’on voit Rose – la rabatteuse de la famille – faire la recherche de sa future proie sur internet. La jeune femme tape « Athlète Universitaire » dans la barre de recherche, pour ensuite faire sa sélection. Certes de nombreux afro-américains sortent du lot, mais la couleur n’est pas l’objet principal de sa recherche.

Ces deux points nous prouvent qu’une seconde lecture du film est possible. Le plus brillant est que les deux restent possibles et cohérentes, autant l’une que l’autre. Le racisme est un axe très fort dès le début et peut justifier l’ensemble du déroulement du film. Mais lorsque l’on arrive à la fin de cette histoire macabre, on peut se poser la question des réelles motivations de la famille Armitage.
Recherchait-elle uniquement des hommes bien portants ou juste des hommes noirs ? Get Out vous laisse ainsi le choix. Mais sachez qu’avec ou sans racisme, l’issue reste la même pour les victimes.

Note PopCornGame 5/5

 

Get-Out

Retour sur ce qui aurait pu être le digne successeur d’Alien, LIFE.

LIFE est un film Science Fiction & Thriller/Horreur, réalisé par Daniel Espinosa et mettant en scène un groupe d’astronautes luttant pour leur survie face à une entité extraterrestre. Le tout se passe dans un huis clos à bord de la Station Spatiale Internationale. Ainsi, après avoir récupérés un module contenant des échantillons de terre martienne, nos astronautes y découvrent la vie. Au départ simple cellule, cette entité se développe très rapidement jusqu’à devenir un « membre » à part entière du vaisseau. Un nouveau « passager », baptisé Calvin. Au cours d’une expérience sur l’entité, celle-ci va présenter des signes d’hostilité. S’en suivra un terrible jeu du chat et de la souris, gore et spatial, tout au long du film.


Vous l’aurez compris, LIFE ne cherche pas révolutionner les codes du genre. Tout d’abord, par son scénario qui est d’une simplicité consternante et laisse donc peu de place à la surprise. Également sa fin, qui aurait pu être grandiose, retombe très rapidement comme un soufflé.

Alien et Gravity sont passés par là !

Impossible de ne pas penser à Gravity lors des différentes sorties spatiales. Mais c’est surtout d’Alien que le film s’inspire le plus. L’ambiance dans le vaisseau, le fameux déjeuner d’équipe et surtout la traque de la bête dans cet énorme, labyrinthique (et terrifiant) vaisseau spatial. On notera également une scène dans le dernier quart du film où l’un des astronautes se retrouve nez à nez avec la bête. Une scène qui n’est pas sans rappeler celle de Ripley et de l’Alien, dans la trilogie Alien.

On s’en fou, c’est du cinéma !

On a beau regarder un film de Science Fiction, une cohérence doit subsister. Autant pour l’environnement que dans les choix des personnages, celle-ci est essentielle pour ne pas perdre le spectateur. C’est là, le plus grand défaut du film. LIFE perd en cohérence en suivant trop à la lettre son arc narratif très classique. Ainsi, on se prend régulièrement à se poser des questions sur les actions des protagonistes du film. Ces derniers agissent de façon très incohérente, tout d’abord, face à la bête et face à l’environnement. L’exemple le plus frappant étant qu’ils emprisonnent à plusieurs reprises l’entité dans des parties du vaisseau et tentent de la détruire en coupant l’oxygène et/ou en baissant la température. Et puis, ils ouvrent les écoutilles, circulent dans le vaisseau sans être inquiétés, ni par la bête, ni par les effets indésirables provoqués.


Pour la plupart anodines, ces incohérences s’accumulent pour au final couper tout suspense aux spectateurs. Cela cantonne le film à un enchainement de clins d’oeil du genre et jump scares vus et revus, le tout couplé d’un twist grossier en prime.

En conclusion, LIFE a tous les éléments d’un grand film Science Fiction. Une belle distribution (Jake Gyllenhaal, Ryan Reynolds), un vrai méchant et une ambiance spatiale très efficace. Cependant, il tombe dans les travers du genre en présentant de trop nombreuses incohérences, issues d’un scénario trop classique et prévisible. Et ce n’est malheureusement pas le twist final qui sauvera LIFE du vide spatial des copies ratées d’Alien.

 

Note PopCornGame

Prenant le contre-pied des productions Marvel ou DC Comics, « On l’appelle Jeeg Robot » revisite de manière plus crédible l’univers des super-héros.

Seriez-vous capable de citer la dernière production italienne ayant fait parler d’elle ces dernières années ? A part quelques érudits du cinéma, le commun des mortels peinera à s’en rappeler, d’autant plus quand il s’agit d’un film de genre.

A l’instar du cinéma Français, le cinéma Italien peine depuis quelques temps à faire parler de lui au niveau international. Enchainant les désillusions depuis les années 80, on retiendra pourtant le très bon « Romanzo criminale » sorti il y a plus de 10 ans (en 2005). Pourtant, « On l’appelle Jeeg Robot » ou « Lo Chiamavano Jeeg Robot » en version originale, arrivera à faire parler de lui en 2016. Le film enchaîne les récompenses à des prestigieux festivals de genre « Prix du jury Gérardmer 2017 », « Grand prix nouveau Genre à l’Etrange Festival » ou encore 7 Donatello (équivalent de nos César) dont ceux du meilleur réalisateur pour un premier film, meilleur acteur et meilleure actrice. Excusez du peu ! Il s’agit donc du premier film de Gabriele Mainetti faisant suite à son court-métrage Tiger Boy déjà salué par la critique.

on l'appelle jeeg robot afficheAprès vous avoir posé le contexte, passons à la critique du film « On l’appelle Jeeg Robot » qui mérite son succès. Si d’emblée on voudrait le comparer à un autre film de super héros du genre, on penserait, à tord, vers Kick Ass. En effet, le film italien ne parodie pas les codes du genre mais s’en amusent pour mieux les utiliser de manière sombre et réaliste.

A l’aide d’une trame scénaristique assez classique (le héros acquiert des pouvoirs de manière accidentelle, il galère à les utiliser, conflits moraux, introduction d’une princesse…), On l’Appelle Jeeg Robot parvient admirablement à exposer sa vision brutale du super héros italien. D’ailleurs, sachez que « Jeeg Robot » est l’équivalent du manga Goldorak dans nos contrées, très populaire en Italie dans les années 80. C’est à travers ce prisme que le film se construit et dévoile son intrigue que voici :

« Poursuivi par la police dans les rues de Rome, Enzo est contraint de plonger dans les eaux du Tibre et entre en contact avec une substance radioactive. Il réalise bientôt qu’il possède des pouvoirs surnaturels : une force et une capacité de régénération surhumaine qu’il décide de mettre au service de ses activités criminelles
Du moins, jusqu’à ce qu’il rencontre Alessia, jeune fille fragile et perturbée qu’il sauve des griffes de Fabio, dit « Le Gitan », un mafieux déjanté qui a soif de puissance.

Témoin des pouvoirs d’Enzo, Alessia est persuadée qu’il est l’incarnation de Jeeg Robot, héros d’un manga japonais, présent sur Terre pour sauver le monde »

On retrouvera une réalisation sobre, loin des productions super héros à gros budgets et heureusement ! Oubliez les scènes d’action illisibles avec un montage épileptique, on a ici affaire à une réalisation punchy, pas tape à l’œil.

Au niveau des acteurs, le trio principal du film composé par Claudio Santamaria (Enzo), Ilenia Pastorelli (Alessia) et Luca Marinelli (Fabio le Gitan) est prodigieux. Enzo, le personnage principal est un anti héros parfois salaud mais attachant, Alessia est très touchante et Fabio est assoiffé de pouvoir et de chaos, tel le Joker (grand méchant iconique des comics Batman ndlr). On retrouvera d’ailleurs ce côté antagoniste/Némésis d’Enzo et Fabio comme le couple mythique formé par Batman et le Joker.

on l'appelle jeeg robot duo

Enzo et Alessia

on l'appelle jeeg robot

Fabio

Le réalisateur Gabriele Mainetti voulait proposer sa vision italienne du super héros, jugeant que les grosses productions du genre ont perdu leur substance. Ils ne procurent plus d’émotions selon-lui. Son film parle aussi des difficultés sociales dans les banlieues de Rome. En effet, le protagoniste principal grandit à Tor Bella Monaca, une banlieue difficile de Rome, montrant le climat difficile de l’Italie et la criminalité y regnant. C’est aussi sa manière de revenir sur les différents actes terroristes qui ont pu survenir en Europe ces dernières années. Il n’hésite pas à décrire son film comme un mélange de Pasolini (Salò ou les 120 Journées de Sodome, Accatone…) et de science-fiction.

Au final, « On l’appelle Jeeg Robot » est un film de super héros très rafraichissant, ne faisant pas dans la bienséance comme les blockbuster du genre (Logan faisant office d’exception sur ces dernières années). A titre personnel, il m’a beaucoup fait penser au film « Super» avec Rainn Wilson qui bénéficiait de la même vision du super héros dans un monde contemporain. On l’appelle Jeeg Robot est sombre, mature et propose une vision « réaliste » du mythe du super héros avec toutes les zones d’ombres quand il s’agit de s’élever du commun des mortels. On retiendra aussi une intrigue classique sur le papier mais qui fonctionne très bien avec ses douces caricatures habilement remaniées ou encore une histoire d’amour très attachante. Jonglant admirablement bien entre l’humour, la violence ou la romance, On l’Appelle Jeeg Robot est un film italien qui fait déjà office d’incontournable en cette année 2017.

Rendez-vous au cinéma le 03 mai prochain pour oublier les films de super héros insipides (oui Suicide Squad on parle de toi entre autres…).

LA NOTATION POPCORN GAME : 4/5

notation critique popcorngame

Après une longue attente, la Nintendo Switch pointe enfin le bout de son nez. Voici mes impressions, après avoir passé un week-end avec elle.

Notre histoire commence en Gare Montparnasse dans un train direction Bordeaux. Ca tombe bien car la nouvelle console de salon de Nintendo est … (trans)portable. « Confortablement » installé en seconde classe, je sors ma Nintendo Switch de son étui (non fourni avec la console à l’achat) et lance Zelda Breath of the Wild. 64% de batterie, ca va être dur de tenir tout le voyage, surtout qu’en seconde classe, les prises c’est pas automatique.

Qu’à cela ne tienne, je décide de profiter du peu de temps dont je dispose pour faire un tour dans le magnifique monde d’Hyrule. Je sors mon casque sans-fil et … non, inutile de chercher, il n’est pour l’instant pas possible d’appairer des accessoires Bluetooth. Et oui, chez Nintendo seul les Joy-Con sont visiblement considérées comme des périphériques sans fil. C’est donc sans son que je vais jouer, la petite heure 15 minutes de batterie restante.

Arrivé à destination, je prends mes affaires dont ma Nintendo Switch ayant rendu l’âme 2 heures plus tôt, vivement la LGV. Curieux de cet appareil, mes amis me demandent « c’est quoi cette vielle tablette de geek ? ».
« C’est la dernière console de Nintendo, la Switch, qui fait console portable et console de salon à la fois. » leur répondis-je. Les mots magiques étaient lâchés et s’en suivit un flot de questions : « C’est Nintendo qui fait ça ? Oh trop cool ! », « Génial, ca veut dire que tu peux jouer à Mario Kart où tu veux ? » ou encore « C’est dingue tout ce qu’on peut faire aujourd’hui ! Tu te rappelles l’époque de N64, ou de la SNES ? …».
Tout d’abord désabusé par les réflexions sur une vulgaire « tablette de gamer », je suis rapidement très surpris par l’émerveillement qu’elle procure, seulement à l’annonce de son nom. Nous sommes à l’époque de l’iPad, de la Nvidia Shield, ou encore de toutes ces tablettes Android Gaming surpuissantes. Et pourtant, ce genre de réaction n’a rien de surprenant avec un peu de recul. Nintendo reste une marque culte toutes générations confondues et ils le prouvent une nouvelle fois avec la Switch.

Une fois arrivé chez mes amis, l’interrogatoire se poursuivit : «  Et, tu as quoi comme jeux dessus ? Super Mario ? Mario Kart ? GoldenEye Remastered HD Switch Edition ….? ».
– «  Ben, uniquement Zelda Breath of the Wild et 1,2 Switch ». En même temps, que prendre d’autre ? La plupart des titres excitants n’arrivent que dans plusieurs semaines, voire mois.

« 1,2 Switch, c’est cool, ça me rappelle Wii Sport »

Nous sommes en soirée et entre deux verres et quelques parties de babyfoot, nous nous lançons sur le jeu 1,2 Switch sur la grande télé du salon. Rapide et efficace, l’écran de la console apparait immédiatement et proprement sur l’écran 4K. 
Nous nous lançons donc dans plusieurs parties de 1,2 Switch. Même si le principe où l’on ne doit pas regarder l’écran, mais l’autre joueur dans les yeux, est assez déroutant au premier abords, nous nous prenons au jeu.
Là, un de mes amis me lance « Sympa 1,2 Switch, c’est comme WiiSport ! Et il te le file avec la console non ? ».
– « Euh non je l’ai acheté 50 euros… »
lui répondis-je, un petit peu gêné. S’en suivit un échange de regards qui en disaient long sur les impressions du jeu. Certes, ces mini-jeux sont très sympathiques et en un sens novateurs dans leur façon d’aborder le jeu vidéo. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit, pour la plupart, de très courts mini-jeux avec peu d’intérêts et une rejouabilité limitée. Là où WiiSport innovait et amusait, 1,2 Switch étonne et montre rapidement ses limites. Notamment dans la technologie employée, via ses Joy-Con ou plutôt ses « Wiimotes light ». Pourtant le jeu présente parfaitement le potentiel des manettes de la Switch. Nous espérons retrouver d’ailleurs certaines gestures de ces dernières dans les jeux d’éditeurs tiers.
Tips d’apéro : Certains mini-jeux, notamment celui de la bouteille d’eau gazeuse, peuvent se jouer en parallèle d’un autre jeu pratiqué durant les soirées arrosées… bref n’en disons pas plus.

Déjà dimanche matin… enfin midi, rien de tel qu’un bon repas et d’une après-midi tranquille devant la télé. Surtout qu’il pleut dehors. Ni une ni deux, je remets les Joy-con sur le support manette de la Nintendo Switch et allume la console à distance. Confortable cette manette d’ailleurs, contrairement à ce qu’on a pu dire, les sticks sont accessibles, tout comme les différents boutons et gâchettes. Et pourtant je n’ai pas des petites mains.
Allez, c’est parti pour Zelda Breath of the Wild sur grand écran. Le premier constat est magnifique, avec une véritable avalanche de couleurs et une distance d’affichage impressionnante. Bon il faut se l’avouer, l’aliasing est de la partie aussi et les (petites) baisses de framerate lorsque trop d’éléments sont à l’écran font tache. Cependant, on y est et la promesse de base est bien tenue. Je peux pleinement jouer à un jeu AAA sur console portable, que je peux Switcher, d’un simple geste, en mode salon.


Ah …. voilà que mes Joy-Con n’ont plus de batterie. Je cherche alors le port USB-C de la manette pour les recharger, en vain. Et oui, aussi incroyable que cela puisse paraitre, il est impossible de recharger les Joy-Con ailleurs qu’en les remettant sur la Nintendo Switch, et la brancher en suivant. Logique ? Pratique ? Intelligent ? Non, non et bien sûr que non !
Le Zelda sera pour une prochaine fois donc, je préfère économiser la batterie de la console en la laissant sur son dock. Il faut bien préparer son retour pour Paris.

Fin de journée et du week-end, je m’installe dans mon train direction Paris. Tout est parfait, la température est agréable, j’ai pris mes vieux écouteurs filaires pour avoir du son et j’ai de la batterie sur ma Nintendo Switch. Je vais pouvoir repartir sur Zelda Breath of the Wild  pour essayer de récupérer la Palavoile (Parapente, en langage Zelda) en échange des quatre trésors cachés dans les différents sanctuaires du plateau. Rassurez-vous pas de SPOIL, ce n’est que l’immense introduction dont vous aurez droit au début de l’aventure.

Cinq minutes après … ah non, 2h 45 après, l’aventure doit déjà s’arrêter faute de batterie. Mais pourquoi je n’ai pas baissé la luminosité de ma tablette, enfin de ma console portable, enfin ma console de salon … enfin… de ma Nintendo Switch.

Voilà le week-end est déjà terminé et beaucoup de choses à en retirer. Tout d’abord, il faut se l’avouer, la Nintendo Switch est une très mauvaise tablette mais une excellente console. Malgré les apparences, la Switch n’est pas une tablette, elle n’a pas une bonne autonomie et elle n’est pas véritablement ergonomique une fois ses Joy-Con retirées. Sans oublier, les bordures grossières autour de l’écran et la ventilation apparente sur le dessus. Rajoutez à cela qu’elle est incompatible avec la plupart des chargeurs USB vers USB-C. Pourtant, une fois les Joy-Con en main et un bon jeu, la magie opère et nous nous retrouvons sur une excellente console portable et une console de salon honorable.
En se plaçant de ce point de vue, la Switch tient largement ses promesses. On y retrouve une excellente expérience de jeu, avec très peu de dégradation lors du passage en mode salon (testé avec Zelda Breath of the Wild et 1,2 Switch). L’utilisation de la manette reste également très bien pensée, autant en mode portable qu’en mode classique (console de salon). Certes, il est difficile de juger étant donnée la (très) pauvre bibliothèque à laquelle nous avons droit, pour l’instant. Mais nous pouvons faire confiance à Big N pour la finition et la qualité de ses licences, en espérant que les éditeurs tiers emboitent le pas dans ce sens.

« il faut se l’avouer, la Nintendo Switch est une très mauvaise tablette mais une excellente console »

En conclusion, la Nintendo Switch est à ce jour la meilleure réponse au marché des consoles portables. Face à une concurrence mobile féroce et à la forte tendance des consoles de salon, il s’agit d’une excellente proposition faite aux joueurs. Nintendo signe sans doute une de ses meilleures consoles, certes loin d’être irréprochable mais en parfaite adéquation avec le marché du jeu vidéo actuel. Tout repose maintenant sur les jeux à venir en 2017, notamment ceux des éditeurs tiers.

Après le reboot de Godzilla par Gareth Edwards, voici qu’arrive le reboot de King Kong par Jordan Vogt-Roberts dont le but est d’apporter à Legendary Pictures sa franchise de monstre : le MonsterVerse.

Le film se déroule dans les années 70, au moment où la guerre du Vietnam se finit (le jour précis où Nixon annonce le retrait des troupes américaines). Des scientifiques aux théories un peu farfelues, veulent partir à la découverte d’une île en forme de crâne (Skull Island), que des satellites viennent de découvrir dans le pacifique sud. Ils pensent y découvrir un monde fantastique peuplé de créatures colossales. Voilà le pitch de départ qui pause les bases d’un film de monstre décomplexé sur fond de critique antimilitariste.

Le film est un mélange d’influences, de King Kong au film Japonais de Kaiju en passant par Apocalypse Now et Platoon sans oublier le Monde Perdu de Sir Arthur Conan Doyle. En somme, c’est un patchwork qui fonctionne plus ou moins bien dans ses différents niveaux de lectures. En effet, si le film de monstre et en particulier le design est réussi, le discours semble parfois naïf et reprend sans vergogne une imagerie tout droit venue de ses pairs (Apocalypse Now en tête). De plus les personnages sont assez inégaux dans l’écriture et manquent parfois de profondeur et d’un arc narratif puissant.

Vous m’avez suivi ? Alors parfait allons plus loin !

Une image vaut mille mots !

Kong peut être résumé en une seule image :

kong poster

Elle condense l’ensemble des influences en particulier, celle des films de Kaiju Japonais des années 50 et 60. Le réalisateur nous donne quelques indices sur ses sources d’inspirations. Notamment, il parle des films de guerre des années 70 : Apocalypse Now, Platoon et plus surprenant The Conversation. Ce n’est pas tout, puisqu’il ajoute The Host un film de monstre Coréen avec une créature qui se meut comme les Skullcrawlers (les deux monstres en dessous de Kong sur l’affiche). Il y a aussi la série des Neon Genesis Evangelion et des personnage comme Sachiel du même univers :

sachiel

Ou Osselait de Pokémon :cubone pokemon

Et No-Face du Voyage de Chihiro :

no face

Encore plus étonnant, le réalisateur cite comme autre inspiration le film Princesse Mononoké pour l’approche et le design des monstres.

kong monstre

Bien entendu, le premier King Kong de 1933 n’est pas oublié. D’ailleurs, une scène du film fait référence au combat entre Kong, qui défend Fay Wray (Ann Darrow ), contre un T-rex :

Effectivement, dans cette séquence mythique on peut observer le travail exceptionnel d’un artiste et pionnier des effets spéciaux : Willis O’Brien. Qui utilise ici la technique de l’animation en volume ou stop motion pour animer les deux monstres.

king kong évolution

Le jeu (d’acteur) n’en vaut pas la chandelle.

Le casting est plus qu’inégal et voit ses acteurs principaux se diluer au travers du film sans jamais réussir à briller ou sortir du lot des personnages secondaires. A noter, que John C. Reilly vole la vedette à Tom Hiddleston avec son personnage de hippie à moitié fou et à l’humour plus que dérangé. Heureusement, Samuel L Jackson tire aussi son épingle du jeu par une interprétation ambivalente entre monstre et humain créant une tension palpable entre lui et Kong.

Kong quant à lui ne nous propose pas un personnage à la hauteur du mythe, malgré son design simple, mais pas simpliste, qui en fait l’une des figure graphique du film. En effet, son introduction rapide et brutale dans le film ne laisse aucun mystère ni suspens autour du personnage. Tout cela donne alors lieu à un enchainement gratuit de money shots sympathiques où Kong est présenté comme gardien de l’île et protecteur d’un peuple secret.

king kong

La naissance d’une franchise monstrueuse.

Bien entendu, le but est ici de régénérer le film de monstre et d’exploiter au maximum ces créatures au travers de plusieurs films et notamment de crossovers. Avec en ligne de mire la rencontre entre Kong et Godzilla dans un MonsterVerse !

Un dernier mot sur la production.

Le film est produit en partie par une société Chinoise bien connue : Tencent. Nous avons encore une preuve de l’importance que le marché Chinois prend aujourd’hui dans notre paysage cinématographique. On peut ajouter xXx : Reactivated sorti il y a quelques semaines et mettant en scène Donnie Yen dans un rôle plus important que le simple faire valoir asiatique habituel au côté de Vin Diesel.

Au final, on hérite d’un résultat bancal mais qui malgré tout se laisse regarder, donnant parfois des frissons, surtout lorsque les monstres apparaissent à l’écran. C’est une expérience à admirer en IMAX 3D sous peine de rater le côté le plus intéressant du film : son avalanche d’action et de combats monstrueux. Quoi qu’il en soit, les créatures sont réussies. Voilà un film qui est parfois naïf et souvent inégal dans son propos et ses inspirations cinématographiques des années 70, laissant un arrière goût d’inachevé, mais qui somme toute n’est pas désagréable.

La notation PopCorn Game : 3/5

note king kong

 

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Hugh Jackman n’était pas satisfait de ses prestations en tant que Wolverine, il a donc voulu rendre hommage à Logan dans un dernier baroud d’honneur

Dire que les films Wolverine étaient décevants pourrait être un euphémisme pour certains mais on ne peut pas retirer à Hugh Jackman son implication personnel dans le rôle de Wolverine/Logan et son charisme. En effet, l’acteur Australien s’est longuement préparé pour ce rôle, possédant tous les attributs pour incarner Wolverine : un personnage musclé, dans tous les sens du terme, une véritable machine à tuer aux sentiments complexes, que la troupe des X-Men essaye de canaliser.

wolverine logan hugh jackman

Evolution d’Hugh Jackman dans le rôle de Wolverine/Logan

Avec Logan, Hugh Jackman et le réalisateur James Mangold (Wolverine : le Combat de l’Immortel, Night and Day…) voulaient rendre une dernière fois hommage à cette bête sanguinaire créée dans les années 70. Pourtant, c’est dans les années 90 que son pic de popularité est atteint, faisant de lui le meilleur représentant des X-Men, aux côtés de Cyclope, Tornade ou encore le Professeur Xavier.
Pour rappel, Logan/Wolverine, est connu pour sa violence et son envie de solitude mais surtout pour ses pouvoirs. Doté d’un squelette fait d’adamantium suite à une expérience scientifique pour en faire un machine de guerre, Logan possède des griffes pour tout déchirer sur son passage. Ce n’est pas tout car il détient aussi des facultés de régénération, faisant de lui un être quasi immortel.

wolverine comicsRevenons au film Logan qui se distingue des autres productions Marvel, en proposant une sorte de road movie, voyant Wolverine évoluer aux côtés du Professeur Xavier vieillissant (Patrick Stewart) et la petite nouvelle « X 23 » très bien incarnée par la jeune et talentueuse Dafne Keen. Il s’agit donc du troisième film consacré au personnage Wolverine, après X-Men Origins: Wolverine (2009) et Wolverine : Le Combat de l’immortel (2013). C’est également le dixième film de la franchise X-Men et ça devrait être la dernière apparition de Hugh Jackman dans le rôle de Wolverine/Logan/Serval (au choix).

Wolverine Logan filmsLogan est un film qui prend son temps, comparé à ses prédécesseurs, tout en étant beaucoup plus sombre et violent, plus en accord avec son personnage. Voici un film non censuré qui retranscrit à merveille la bestialité de Wolverine, tranchant à tout va les membres de ses opposants, dans un déluge d’hémoglobines jouissif. On a le droit à des scènes d’action très punchy, les combats étant viscéraux, faisant ainsi ressortir la vraie brutalité qui émane du personnage. C’est une sorte de rédemption pour lui qui aura fort à faire pour protéger le Professeur Xavier au cours de ce périple qui verra l’introduction du personnage de X-23 dont nous ne vous révélerons pas les enjeux du scénario de Logan. On se contentera juste de dire que le duo formé par Logan et X-23 fonctionne très bien, tant au niveau de la direction des acteurs que dans la relation entre les deux personnages.

logan x 23La réalisation est assez sobre même si on retrouve des plans de coupe très rapides par moment mais toujours au service de l’action et de la lisibilité. Le scénario n’a rien d’exceptionnel sur le papier mais il fonctionne bien pour rendre un hommage marqué à ce personnage iconique qui essaye sans cesse de trouver un sens à sa vie. De nature solitaire, il préfère s’éloigner de ses pairs, jugeant sa présence nocive et semant le chaos autour de lui.

Au final, Logan est vraiment l’un des films les plus « matures » de la saga X-men, avec une vision réaliste, sombre, violente, en accord avec l’essence même de son personnage principal. Hugh Jackman est toujours un monstre de charisme, donnant, de loin, sa meilleure prestation pour incarner Wolverine, tout en « subtilité ». Il possède toujours une musculature impressionnante mais moins bodybuildé que dans Wolverine : Le Combat de l’immortel, ce qui n’est pas plus mal.

Wolverine : Le Combat de l'immortel

Hugh Jackman dans Wolverine : Le Combat de l’immortel

On tient à donner aussi une mention spéciale à l’actrice Dafne Keen incarnant le personnage de Laura Kinney/X-23 car à seulement 12 ans, elle crève l’écran par son interprétation impeccable, ce qui était loin d’être gagné sur le papier. En outre, beaucoup de personnes avaient peur de voir le résultat de James Mangold derrière la caméra mais ce dernier offre une réalisation léchée, sans fioritures avec un grain d’image appréciable. On retiendra surtout, une violence excellemment bien retranscrite à l’écran pour les amateurs du genre et de Wolverine.

Logan est l’un des meilleurs films de super héros Marvel, avec un véritable cachet mature et réaliste.  Sans la censure qui aurait sabré le film, c’est une véritable g(r)iffle en plein visage qu’on vous recommande chaudement malgré quelques « ex machina » trop faciles mais qui fonctionnent très bien sur l’ensemble du film.

La notation PopCorn Game : 4/5

notation critique popcorngame

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