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[Critique] On l’appelle Jeeg Robot : le film de super héros revisité à la sauce Kick Ass

Prenant le contre-pied des productions Marvel ou DC Comics, « On l’appelle Jeeg Robot » revisite de manière plus crédible l’univers des super-héros.

Seriez-vous capable de citer la dernière production italienne ayant fait parler d’elle ces dernières années ? A part quelques érudits du cinéma, le commun des mortels peinera à s’en rappeler, d’autant plus quand il s’agit d’un film de genre.

A l’instar du cinéma Français, le cinéma Italien peine depuis quelques temps à faire parler de lui au niveau international. Enchainant les désillusions depuis les années 80, on retiendra pourtant le très bon « Romanzo criminale » sorti il y a plus de 10 ans (en 2005). Pourtant, « On l’appelle Jeeg Robot » ou « Lo Chiamavano Jeeg Robot » en version originale, arrivera à faire parler de lui en 2016. Le film enchaîne les récompenses à des prestigieux festivals de genre « Prix du jury Gérardmer 2017 », « Grand prix nouveau Genre à l’Etrange Festival » ou encore 7 Donatello (équivalent de nos César) dont ceux du meilleur réalisateur pour un premier film, meilleur acteur et meilleure actrice. Excusez du peu ! Il s’agit donc du premier film de Gabriele Mainetti faisant suite à son court-métrage Tiger Boy déjà salué par la critique.

on l'appelle jeeg robot afficheAprès vous avoir posé le contexte, passons à la critique du film « On l’appelle Jeeg Robot » qui mérite son succès. Si d’emblée on voudrait le comparer à un autre film de super héros du genre, on penserait, à tord, vers Kick Ass. En effet, le film italien ne parodie pas les codes du genre mais s’en amusent pour mieux les utiliser de manière sombre et réaliste.

A l’aide d’une trame scénaristique assez classique (le héros acquiert des pouvoirs de manière accidentelle, il galère à les utiliser, conflits moraux, introduction d’une princesse…), On l’Appelle Jeeg Robot parvient admirablement à exposer sa vision brutale du super héros italien. D’ailleurs, sachez que « Jeeg Robot » est l’équivalent du manga Goldorak dans nos contrées, très populaire en Italie dans les années 80. C’est à travers ce prisme que le film se construit et dévoile son intrigue que voici :

« Poursuivi par la police dans les rues de Rome, Enzo est contraint de plonger dans les eaux du Tibre et entre en contact avec une substance radioactive. Il réalise bientôt qu’il possède des pouvoirs surnaturels : une force et une capacité de régénération surhumaine qu’il décide de mettre au service de ses activités criminelles
Du moins, jusqu’à ce qu’il rencontre Alessia, jeune fille fragile et perturbée qu’il sauve des griffes de Fabio, dit « Le Gitan », un mafieux déjanté qui a soif de puissance.

Témoin des pouvoirs d’Enzo, Alessia est persuadée qu’il est l’incarnation de Jeeg Robot, héros d’un manga japonais, présent sur Terre pour sauver le monde »

On retrouvera une réalisation sobre, loin des productions super héros à gros budgets et heureusement ! Oubliez les scènes d’action illisibles avec un montage épileptique, on a ici affaire à une réalisation punchy, pas tape à l’œil.

Au niveau des acteurs, le trio principal du film composé par Claudio Santamaria (Enzo), Ilenia Pastorelli (Alessia) et Luca Marinelli (Fabio le Gitan) est prodigieux. Enzo, le personnage principal est un anti héros parfois salaud mais attachant, Alessia est très touchante et Fabio est assoiffé de pouvoir et de chaos, tel le Joker (grand méchant iconique des comics Batman ndlr). On retrouvera d’ailleurs ce côté antagoniste/Némésis d’Enzo et Fabio comme le couple mythique formé par Batman et le Joker.

on l'appelle jeeg robot duo

Enzo et Alessia

on l'appelle jeeg robot

Fabio

Le réalisateur Gabriele Mainetti voulait proposer sa vision italienne du super héros, jugeant que les grosses productions du genre ont perdu leur substance. Ils ne procurent plus d’émotions selon-lui. Son film parle aussi des difficultés sociales dans les banlieues de Rome. En effet, le protagoniste principal grandit à Tor Bella Monaca, une banlieue difficile de Rome, montrant le climat difficile de l’Italie et la criminalité y regnant. C’est aussi sa manière de revenir sur les différents actes terroristes qui ont pu survenir en Europe ces dernières années. Il n’hésite pas à décrire son film comme un mélange de Pasolini (Salò ou les 120 Journées de Sodome, Accatone…) et de science-fiction.

Au final, « On l’appelle Jeeg Robot » est un film de super héros très rafraichissant, ne faisant pas dans la bienséance comme les blockbuster du genre (Logan faisant office d’exception sur ces dernières années). A titre personnel, il m’a beaucoup fait penser au film « Super» avec Rainn Wilson qui bénéficiait de la même vision du super héros dans un monde contemporain. On l’appelle Jeeg Robot est sombre, mature et propose une vision « réaliste » du mythe du super héros avec toutes les zones d’ombres quand il s’agit de s’élever du commun des mortels. On retiendra aussi une intrigue classique sur le papier mais qui fonctionne très bien avec ses douces caricatures habilement remaniées ou encore une histoire d’amour très attachante. Jonglant admirablement bien entre l’humour, la violence ou la romance, On l’Appelle Jeeg Robot est un film italien qui fait déjà office d’incontournable en cette année 2017.

Rendez-vous au cinéma le 03 mai prochain pour oublier les films de super héros insipides (oui Suicide Squad on parle de toi entre autres…).

LA NOTATION POPCORN GAME : 4/5

notation critique popcorngame

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