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Pourquoi le dernier film d’Ang Lee est le futur du cinéma ?

Vous ne le savez sûrement pas mais le dernier film d’Ang Lee, Billy Lynn long halftime, est une petite révolution dans le monde du cinéma.

Aujourd’hui, nous allons vous parler d’un film passé inaperçu lors de sa sortie en salle la semaine dernière. En effet, Un jour dans la vie de Billy Lynn est un drame qui raconte le retour au pays d’un soldat marqué par la guerre en Irak. Il se déroule durant la mi-temps d’un match de football américain. Effectivement, c’est à ce moment là que s’organise de très gros événements, à l’instar du show et des pubs que l’on a pu voir pour le dernier superbowl.

Le film est donc une succession de flash backs lors de cette mi-temps où Billy Lynn vient parader au milieu de la foule en tant que héros de guerre. Il en émerge un contraste vif entre le présent festif et le passé violent qui lui revient en mémoire au fur et à mesure que les festivités avancent.

Une prouesse technique !

En outre, le film représente une avancée majeure dans les techniques que sont la 3D, le HFR (high frame rate), et la UHD (ultra-haute définition 4K). Effectivement, ces trois points permettent d’améliorer le confort de vision d’un film en 3D, ainsi que la définition de l’image. Notamment, le HFR qui permet d’enregistrer jusqu’à 120 images par seconde, alors qu’un film « normal » n’en a que 24. Cela permet de rendre le film plus immersif, de réduire les effets de flou lors des mouvements rapides de caméra et d’améliorer la 3D. Ben Gervais le superviseur technique nous explique :

« La plupart des films sont tournés et/ou finis en
2K. Le 4K permet de doubler le nombre de pixels par image, horizontalement et
verticalement, par rapport au 2K – ce qui fait qu’il y a quatre fois plus d’informations.
Si vous ajoutez à cela le fait que le film a été tourné en 3D, alors la quantité
d’information est encore doublée, ce qui signifie qu’on est en tout à huit fois la
quantité d’informations d’une image traditionnelle. En choisissant de filmer à 120
images par seconde au lieu de 24, les spectateurs reçoivent 40 fois plus
d’informations que face à un film en 2D au format 2K à 24 ips. »

Malheureusement, en France il ne vous sera pas possible d’être ébloui par cette cascade d’améliorations technologiques. En cause, un manque d’infrastructure matérielle adéquate à ce nouveau format. Mais le vrai problème est plus profond. Notamment lorsque les distributeurs font le choix de ne pas le sortir en 3D et de même en réduire la qualité en le sortant en 2K alors qu’il a était tourné en 4K. Ce qui fait que vous ne verrez pas la vision du réalisateur mais un ersatz de ce qu’Ang Lee a voulu porter à l’écran.

De toutes les particularités techniques qui faisaient de cette œuvre une percée technologique dans le monde du cinéma, les distributeurs n’en ont retenu aucune. De plus, le film a droit à un nombre de copies plus que limité, ce qui n’arrange en rien sa notoriété auprès du grand public.

Ce n’est pas le premier essai.

Souvenez vous du Hobbit de Peter Jackson. Celui-ci a été tourné à 48 images par seconde. Le prochain film à utiliser la HFR est la suite d’Avatar de James Cameron qui sera tourné à 60 images par seconde. Il faut espérer que ce pionnier des nouvelles techniques qu’est le réalisateur de Terminator et Titanic sera amener au grand public cette nouvelle façon de concevoir un film. Comme ce fut le cas pour la 3D et la performance capture pour le premier Avatar.

Un petit parallèle peut être fait avec le jeu vidéo qui va adopter ce format de 60 images par seconde 4K, comme standard pour ses dernières consoles. Il prend donc une nouvelle longueur d’avance sur son grand frère le cinéma.

On rappelle notamment qu’Ang Lee est un réalisateur acclamé de par le monde. Il a d’ailleurs obtenu l’oscar du meilleur réalisateur pour son précédent film L’Odyssée de Pi sorti en 2012.

On vous laisse avec ses quelques mots du réalisateur qui résument son travail :

« Depuis L’Odyssée de Pi, j’ai compris que pour réaliser un film en 3D, il faut
non seulement apporter une dimension supplémentaire à l’image, mais également
travailler avec une meilleure résolution associée à un nombre d’images par seconde
bien plus élevé que ce à quoi nous sommes habitués. La 3D ne se prête pas
uniquement aux films à grand spectacle ou d’action, elle se prête aussi au drame.
Cela permet de modifier notre approche du sujet et d’amener le public à s’impliquer
dans un film de manière bien plus personnelle. C’est une expérience plus ambitieuse,
véritablement grandiose. Le futur s’annonce passionnant. »

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