Mois : mars 2019

[Crash Test] CRACKDOWN 3 : Le jeu qui n’aurait pas dû sortir ?

Il est enfin là où plutôt déjà là. C’est un peu un sentiment spécial qui nous a touché lorsque nous avons reçu notre exemplaire du dernier jeu de Microsoft Studio & Sumo Digital.

Annoncé en grande pompe en 2014 comme une révolution technique et visuelle, Crackdown 3 s’est longtemps fait attendre. Sortir un jeu après plusieurs années de développement, c’est comme ouvrir une bouteille de vin que l’on garde depuis plusieurs années à la cave. On peut tomber sur un grand cru parfait qui se savourera jusqu’à la dernière goute tel un Red Dead Redemption, qui s’est fait attendre pour mieux ravir les joueurs. Ou malheureusement, on a le risque de se retrouver avec un breuvage ayant perdu toute sa saveur. Vous l’aurez compris le jeu dont nous allons parler se classe dans la seconde catégorie.

Pour comprendre ce Crash Test, faisons un retour dans le temps. 

Nous sommes en 2014 et Microsoft dévoile le retour de la licence Crackdown ayant fait les beaux jours de la Xbox 360 plusieurs années auparavant. Outre son univers fun & futuriste, le jeu est présenté comme techniquement révolutionnaire, avec l’utilisation en temps réel des serveurs Cloudgine pour permettre un gameplay et des graphismes incroyables. Cantonnée au multijoueur, cette technologie devait permettre rendre notamment tous les décors destructibles tout en assurant une fluidité sans faille. Au fur et à mesure des années, Crackdown 3 fut teasé, repoussé, un peu oublié. Derrière tout ça, de gros bouleversements internes se cachaient. En 2018, suite au rachat de Cloudgine par Epic Games, le directeur créatif derrière la licence, Dave Jones, quitta la production du jeu

En parallèle Reagent Games, autre studio (également de Dave Jones ndlr) en charge du jeu disparait, le laissant ainsi au studio Sumo Digital. Un cafouillage qui, malgré la bonne volonté de ce dernier, finit par clairement entacher le résultat final. 

Maintenant que vous en savez plus sur l’histoire derrière la création de ce troisième opus de Crackdown, passons au coeur du sujet : LE JEU.

Crackdown 3 vous place aux commandes d’un Agent qui, suite à une attaque « mortelle », va devoir libérer la ville de New Providence de la dictature d’une terrible entreprise : TerraNova. Vous l’aurez compris, vous allez devoir capturer des zones, détruire les centres de formation des soldats, les libérer ces dernières en y tuant d’autres soldats & lieutenants et reproduire ce schéma jusqu’à atteindre le boss final : la patronne de TerraNova. Autant vous dire que nous aurions espéré mieux d’un jeu sorti en 2019. Et malheureusement aucune grosse surprise scénaristique ne viendra relever le niveau.

crackdown 3

Côté gameplay, Crackdown 3 joue la carte du dynamisme avec un personnage qui répond au doigt et à l’oeil. Egalement, la montée en puissance de celui-ci ajoutera du fun, avec un sentiment de grande force dans les combats. A noter également que votre arsenal, de prime abord assez classique, proposera aussi des armes originales telles que le Gravitochaîne, la Grenade de Singularité ou encore le Générateur de masse. Ces derniers vous permettent d’atomiser vos ennemis de façon originale (et assez drôle), en les faisant imploser ou s’écraser contre un éléments du décor. Une utilisation de la physique du jeu bien sympathique mais qui met en avant ses limites. Petit bémol, nous avons pu ressentir un manque d’inertie lors des déplacements de notre personnages, dans les combats au corps à corps et même dans les phases de conduite. Cette impression énervante de flottement dans les interactions, de raideur, qui au final casse complètement l’immersion dans le jeu.

Plus grave, nous avons clairement un sentiment d’inachevé quand nous nous déplaçons dans les rues, pauvres en textures, de New Providence
En effet, aux problèmes de physique du jeu s’ajoute les problèmes techniques. Hormis les quelques plantages, c’est surtout l’éclairage à l’écran qui était le plus pesant. Ne jouant pas sur une TV gérant le HDR, l’image passe de la sur-exposition à la sous-exposition en permanence. Cela rendait certaines phases de jeu tellement peu lisibles que nous croyions que notre écran avait un problème. Les civils ont quant à eux le mérite d’exister, même si on ne saluera pas leur intérêt dans le jeu, ne faisant que tourner en rond et balancer des demi-phrases en anglais même si le jeu est paramétré en VF.

Parlons d’ailleurs de la bande son (bruitages & musiques) globale du jeu qui est respectable. Pour les voix, la version française aura juste le mérite d’exister mais ne fait clairement pas honneur aux personnages. Cela se voit notamment sur l’acteur Terry Crew dont les mimiques et la synchronisation labiale sont complètement à coté de la plaque, en VF. Petite mention pour les musiques des menus qui deviennent très (très, très) énervantes une fois les 5 minutes d’attente de matchmaking en ligne passées.

Le multijoueur a également le mérite d’être présent. La révolution graphique promise avec le cloud est malheureusement absente. Nous avons droit à (seulement) deux modes de jeux sur trois cartes différentes où vous pourrez affronter d’autres joueurs. Bonne nouvelle, la destruction totale promise des niveaux est belle est bien présente. Elle n’est malheureusement pas si jouissive et impressionnante que ça tant les décors sont simplistes. On a limpression parfois de se retrouver sur une démo alfa d’un jeu jamais terminé.

En conclusion, Crackdown 3 a beau être sympathique, il montre rapidement ses limites. Sa casquette triple A et son long teasing ne font qu’enfoncer le clou. Nous retrouvons un titre moyen qui malgré ses bonnes idées, souffre de nombreux défauts du genre. Que vous soyez fan de la première heure ou curieux, le jeu ne vaut clairement pas ses 60€. Après, Microsoft a eu la bonne idée de l’ajouter à son offre Xbox Game Pass disponible à 9,99€ par mois. Dans ces conditions, passer quelques heures sur le titre peut valoir le coup et encore …

Crackdown 3 sort à une époque où un jeu de cette envergure ne peut pas se permettre d’être aussi moyen. Surtout lorsqu’on a en face du Fortnite, APEX Legends en gratuit et des monstres triple A tels que Red Dead Redemption II, God Of War ou encore Last of Us II, qui arrive dans les prochains mois.

Scénario
20%
Graphismes
Beau mais vide ! 69%
Multijoueur
25%
Bande Son
Sympathique mais répétitive 75%
Durée de vie
Quête principale et multi sans saveur 69%
Gameplay
Dynamique mais un peu brouillon 85%
Crash test
69.99
Prix conseillé, après le Crash Test.

Suivez en direct le FIA Gran Turismo Championship 2019

Paris accueillera l’ouverture des Series du FIA Gran Turismo Championship 2019

Paris accueille cette année l’ouverture des Series du FIA Gran Turismo Championship 2019. Vous pourrez dès ce soir suivre en direct les premières courses depuis le Pavillon Gabriel à Paris.

Rendez-vous ce soir à partir de 18h pour suivre en direct les MANUFACTURER SERIES 

Suivez ici en direct la NATIONS CUP, le dimanche 17 mars à 14h00 :

[CRASH TEST] Resident evil 2 (2019) : Le virus G trop de nostalgie ?

« Resident Evil 2 est bien un nouvel opus » – Affirme Capcom.
L’éditeur a déjà posé les bases d’un bon remake avec l’épisode 1 il y a plus de 15ans.
Il réitère cette année l’expérience et pousse le vice encore plus loin en proposant non pas un simple portage HD, mais une ré-interprétation made in 2019. 700 personnes ont été sollicitées pour l’occasion, ce qui permet au projet d’être bien armé pour faire face aux fans ainsi qu’aux adeptes de la 8e génération de consoles.
Le but étant de respecter la matière première tout en y apportant la technique actuelle.
Le virus G a-t-il vieilli tel un bon vin ?
20ans plus tard c’est une nouvelle claque.

RE-tour à Raccoon City

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Les habitués le savent, nous avons le choix au début de l’aventure entre Léon S. Kennedy et Claire Redfield (soeur de Chris). Les deux scénarios auront leurs passages bien distincts selon le protagoniste choisi.
Capcom s’amuse à surprendre les vétérans de l’opus 98′ en changeant certaines séquences afin de toujours garder un climat de tension. On change l’emplacement d’un licker par-ci, on fait passer un des boss de Claire à Léon par-là, etc… C’est un régal d’être surpris et de ne pas pouvoir prévoir ce qu’il va se passer la plupart du temps. Nous l’avions mentionné dans notre preview.
La première histoire finie, vous aurez droit au scénario bis avec l’autre personnage. Ce qui a pour but de réduire les incohérences des deux parcours entremêlés de nos comparses.

Au final quelques passages peuvent être totalement loufoques une fois les deux aventures terminées.
Il aurait été difficile de ne pas reproduire les quelques maladresses scénaristiques de 98′ sans toucher au lore de la saga. Puis honnêtement, on en rigole plus qu’autre chose vu les nombreuses qualités du titre.

Les clefs de la liberté

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Les énigmes sont bien présentes et les vas-et-vient seront de rigueur dans un enchevêtrement de pièces à ouvrir les unes après les autres. Une fois une salle fouillée, elle deviendra bleue sur la carte, une facilité que s’offre l’opus afin de nous inviter à retourner dans les segments où l’on a oublié un objet ou des munitions.
Une notification nous indiquera quand nous n’aurons plus à nous servir d’un objet, bien pratique pour se délester sans peur d’une clef (par exemple) et ainsi obtenir une place dans notre inventaire.
La gestion dudit inventaire se fera par de nombreux passages aux multiples coffres présents dans les salles de sauvegarde, ces containers nous permettant de déposer un objet afin de le récupérer au moment opportun.
Il est à noter qu’il ne faut pas disposer des fameux rubans encreurs pour sauvegarder dans les modes de jeu les plus simples. Il n’y aura qu’en difficile que les sauvegardes seront limitées par le nombres de rubans trouvés.
Pour rajouter de la difficulté, les couteaux sont à présent destructibles et par conséquent une denrée rare. Il sera difficile de faire son petit malin en finissant tous les ennemis à la lame afin d’économiser ses munitions.
La gestion globale de ses équipements est donc omniprésente dans ce RE2. Mais rassurez vous, Capcom a été gentil avec nous en matière de collectibles pour nous dépatouiller. Sans jamais nous tenir la main, le titre n’est pas non plus permissif, surtout en difficulté élevée. Un bon juste milieu en somme.

HD = Hight Decomposition ?

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Ce moteur… Mais ce moteur !!
Gestion de la lumière / obscurité splendide, le rendu du feu / eau / ombre magnifique, les textures aux petits oignons etc… le tout à 60 fps sur ONE X et PS4 Pro. Quant aux versions classiques de ces consoles, elles ne sont pas en reste avec un rendu souvent au delà des 40 fps.
Mais là où le RE-Engine tape dans le mille, c’est dans les chairs de nos amis les morts et autres monstres. On pourrait presque parier qu’autant de temps à été pris pour rendre les peaux mutilées réalistes que pour tout le reste du jeu durant son développement. Du début à la fin on n’aura de cesse de s’arrêter devant des réactions criantes de vérité.
Rien que la rencontre avec le premier licker, cette créature emblématique chaire à vif nous donne l’envie de la voir de plus prêt malgré le danger mortel qu’elle représente.
Capcom réussit avec un brio morbide à modéliser des monstres parfaitement réalistes et conformes aux modèles de 98′.

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Les doublages VO et VF sont de bonne qualité.
Le moindre gémissement vous fera frémir tandis que les silences viendront sublimer l’ensemble. L’équilibre est parfait entre les phases de tension et les moments de calme qui les précèdent. On est à l’affût du moindre petit son en découvrant un nouveau lieu. Chaque créature ayant ses râles si particulier, la pression monte à chaque passage de porte.
Mention spéciale pour Monsieur X qui est excellemment bien sonorisé : qui aurait pu dire que la chose la plus effrayante de Resident Evil 2 serait de simples bruits de pas…
Une fois encore c’est du 100% de réussite

Le grand méchant loup

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Au détour d’un couloir, vous ferez donc connaissance de l’aimable Monsieur X.
À ce moment-là du jeu, vous saurez si vous aviez bien nettoyé les pièces visitées… car son comportement de base étant aléatoire, il sera attiré par le moindre bruit suspect. Si par malheur vous croisez un ennemi oublié et que vous lui videz votre chargeur en pleine face (ou dans les jambes pour les intimes), votre nouvel ami vous aura entendu.
Le reste du temps il visitera le commissariat de fond en comble à votre recherche. Un conseil : jouez-là discret.
On apprend vite à le feinter et fuir pour s’en débarrasser, seul il n’est pas une grande menace ; cela se complique quand on cherche à nettoyer une pièce et que le gus se pointe au même moment.
La carte sera dès lors votre meilleure amie afin de le semer et de prévoir un nouvel itinéraire pour retourner sur les lieux.
Comme mentionné plus haut, ses déplacements sont aléatoires quand vous n’êtes pas repéré, vous le verrez probablement se balader de temps à autres, vous permettant d’aller là où vous êtes sûr qu’il n’est pas.
Que ce soit par sa carrure, sa démarche qui s’accélère en vous voyant ou encore ses bruits de pas, à chaque rencontre le palpitant remonte d’un cran.

Plus

Le gameplay (vidéo PGW) empreinte aujourd’hui celui initié par Resident Evil 4 et peaufiné avec le temps. Désormais standard de la plupart des TPS, quelques ajouts pour garder un coté « old-school » sont présents. Par exemple, il faudra un temps pour que le réticule de votre arme soit réduit au minimum à chaque visée ; cela rappelle beaucoup l’ancien opus où l’on se ré-axait face au monstre pour mieux lui tirer dessus.
On retrouve les zouzous increvables ou encore les boss à l’ancienne qui reviennent sous plusieurs formes.
L’éditeur nous met aussi à disposition des défis à réaliser. Certains nous permettent d’avoir des armes en plus tandis que d’autres complètent les galeries photos / artwork. De quoi régaler les amateurs du 100%.

Un exemple pour le futur

Parcourir le commissariat jusqu’aux labos d’Umbrella aura été un vrai plaisir ; nostalgique, mais pas que. La question du remake est à se poser dans les deux sens : « respecte-t-il l’original ? » ET « si le soft sortait aujourd’hui pour la première fois, serait-ce un bon jeu ? »
Ici, la réponse est « oui » aux deux questions.
Ces dernières années, la communauté des joueurs a eu droit à pléthore de remakes. Certains meilleurs que d’autres… La facilité pour les éditeurs de ressortir un soft du placard est grande, on lifte par ici et on joue sur la nostalgie par là.
Espérons que beaucoup en tiendront compte car cette refonte totale doit servir d’exemple pour le futur. Capcom a mis la barre très haut et espérons que d’autres éditeurs suivront leurs pas.

« Équilibre » est le mot d’ordre de cette ré-interprétation : la justesse entre nostalgie et nouveauté. Capcom signe une seconde fois un maître étalon du survival-horror. Comme quoi en se donnant les moyens on peut avec brio faire du neuf, et même du nouveau, avec du vieux. En s’amusant à casser les habitudes de la génération 98′ et en réactualisant totalement le soft, Resident Evil 2 (2019) réussit son pari ; pour le plus grand plaisir d’un commissariat qui RE-vit 20ans après en n’ayant rien perdu de son charme d’antan.

Crash test

LA NOTE DU CRASH TEST DE
RESIDENT EVIL 2 (2019) SUR XBOX ONE X EST DE 45€

Mais qu’est ce qu’un Crash Test ? Contrairement aux nombreux tests que l’on peut trouver, la note finale est donnée à travers un prix d’achat conseillé. Partant du prix de vente neuf constaté (environ 49,99€ pour Resident Evil 2 – 2019), Crash Test tacle là où ça fait mal et vous donne la véritable valeur d’un jeu. Pourquoi payer trop cher ses jeux vidéo ?

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