Mois : octobre 2019

[CRA$H TEST] MAN OF MEDAN : Un bateau qui prend l’eau

Test de Man of Medan sur xbox one x par supermassive games, créateurs d’Untill Dawn

[Critique] JOKER : Derrière le sourire d’un monstre, un chef d’œuvre ?

A quelques jours de sa sortie nationale, nous avons pu assister à une des nombreuses avant-premières diffusées sur Paris. Salle comble pour découvrir, ce qui semble être le renouveau d’une franchise que l’on pensait perdue. Le mot le plus juste serait plutôt enlisée, dans une course perdue d’avance contre les films MCU (Marvel comics universe ndlr). Et oui, on ne peut pas dire que depuis la trilogie de Christopher Nolan, les films DC mettant en scène l’univers de Batman aient fait l’unanimité. Pour rappel, Joker ne fait pas partie des nombreux films prévues dans le DCEU (DC extended universe ndlr), comme Man of Steel, Batman VS Superman et d’autres.

Joker

Joker est un film qui a d’ailleurs fait très vite parlé de lui. Pour plusieurs raisons : son réalisateur, un certain Todd Philipps connu pour les Very Bad Trip et plus récemment avec la série Tchernobyl.
Son interprète, car depuis les incroyables prestations de Jack Nicholson, Heath Ledger et le très « oubliable » Jared Leto, on ne sait pas ce que le talentueux Joaquin Phoenix nous réserve.
Sa récompense, assez exceptionnelle pour un film de super-héros adapté de comics, avec un Lion d’or à la Mostra Venise et une standing ovation de 8 minutes.

Et enfin, plus récemment, pour sa polémique, autour de sa sortie en salle, qui encouragerait la violence et la rébellion.
Ça y est ? Vous sentez la hype & l’impatience monter en vous ? Voici donc notre avis sur JOKER, bien sûr, sans spoil.

Le film nous conte les origines du personnage culte de la franchise Batman, son ennemi juré, son némésis, le plus grand criminel de Gotham, (et de l’histoire des comics) : le Joker. 

joker

Si le film s’inspire de certains ouvrages tels que The Killings Joke ou encore The Man Who Laughs, il prend de belles libertés et écrit sa propre histoire. Toujours sans spoil, celle-ci nous fait découvrir l’envers du décors où gravite ce monstre à en devenir. La mise en scène, très sombre et tristement réaliste, nous présente une certaine critique de notre société, avec la présence d’inégalités, l’ignorance et le mépris des élites ressenti par la population. Une élite « bien pensante » à laquelle appartient une famille bien familière.

Gotham n’a jamais été aussi sombre et dangereuse que dans ce film. Plus effrayant encore, elle en devient un terrifiant miroir de notre société. 

joker

Dans le rôle principal, nous retrouvons Joaquin Phoenix amaigris pour interpréter Arthur Fleck et futur joker. Les premiers mots qui nous viennent pour décrire son incroyable jeu d’acteur sont « saisissant, touchant, gênant et effrayant ». Au fur et à mesure que nous avançons, nous sommes happés par son magnétisme et nous nous perdons avec lui dans sa chute vers la violence et la folie. Avons-nous dit chute ? Ou peut-être une montée en puissance du monstre qui gronde en lui. Un mal qui se construit par la noirceur du monde dans lequel notre (anti) héros évolue. Nous pourrions disserter pendant des heures sur le Joker tant il est surprenant et complexe dans chacune des oeuvres où il est représenté. Et ce n’est pas après avoir vu ce film que cela va s’arrêter.

« Quel genre de lâche a pu faire ça ? Quelqu’un qui se cache derrière un masque… »

Fort d’une mise en scène magistrale, intense, le film prend son temps sur de nombreuses parties du film. Même si la plupart sont jouissives et prenantes, quelques longueurs faussement utiles se font sentir de temps à autre. Mais cela reste très minoritaire et surtout sauvé par l’hypnotisant Joaquin Phoenix. La bande originale signée Hildur Guðnadót accompagne parfaitement les plans épiques de certaines scènes ainsi que la montée en puissance de notre antihéros.

Pour conclure cette petite critique, JOKER fait clairement honneur à l’univers de Batman, à DC et même aux comics en général. Il surprend par l’utilisation de codes, bien loin du genre des films de Super-héros. Il prend clairement son temps avec des longueurs par moment qui pourront en rebuter certains. Pourtant Todd Philips et Joaquin Phoenix nous servent ici un petit chef d’oeuvre du genre. Un film intense, violent, qui apporte de nombreuses réponses aux origines de ce personnage culte, quitte à entacher l’histoire d’un autre grand homme de la franchise Batman. Notre note : 4,5/5.


JOKER sort en salle, le 9 octobre prochain. Et nous laissons le dernier mot à son réalisateur, Todd Philipps :

Ceux qui travaillent : Frank un monstre nécessaire ?

Voici un film non partisan qui dissèque les mécaniques d’une société hypocrite.

Olivier Gourmet Antoine Russbach

Ceux qui travaillent est le premier film d’Antoine Russbach et une production franco-belgo-suisse. L’acteur Olivier Gourmet, que l’on a pu voir il y a peu dans Une intime conviction d’Antoine Raimbault, porte le film comme à son habitude et donne à son personnage principal de multiples facettes. Le film est sobre et sans chichi, c’est une volonté de son réalisateur pour laisser aux spectateurs la place de réfléchir sur “Ceux qui travaillent”.

Frank, prénom ô combien signifiant, est cadre dans une entreprise de fret maritime. Il gère les problèmes des différents cargos de sa société. Il nourrit le monde. Il nourrit sa famille aussi, ses cinq enfants et sa femme. Il est le pater familias. Ses convictions sont bien à droite. Il fait, d’ailleurs, un petit clin d’œil au « slogan » travailler plus pour gagner plus, dès le début du film. Son travail est tout pour lui. Il y a consacré sa vie entière. Il ne saurait s’épanouir ailleurs, comme l’indique son bilan de compétence, qu’il fait pour trouver un nouvel emploi. Car malgré son dévouement, son entreprise l’a licencié.

Commence alors une remise en question de ses valeurs et de notre mode de consommation.

Le Bourgeois gentilhomme.

Frankenstein alias Frank nous est présenté comme un monstre. En effet, il fait passer les intérêts de sa société avant tout et les confond même avec les siens. Au point, un jour, de franchir la ligne rouge. Son entreprise décide alors de le licencier. Son monde s’écroule. Il perd pied. Son microcosme bourgeois s’en trouve alors chamboulé. Tout ce qu’il pensait acquis peut à tout moment s’effondrer: sa famille, son statut social, son incarnation de la réussite. Tout cela, est résumé par une scène: lors d’une prise de parole. Un cadre, lui aussi licencié et vrai miroir de Frank, annonce que sa femme l’a quitté juste après son licenciement, au bout de 20 ans de mariage. 

frank

Notre homme, moulé par le capitalisme, n’a pas osé annoncer la nouvelle à sa famille. Sans doute est-il, lui aussi, taraudé par la même peur. Celle de tout perdre.

Il pensait appartenir à cette race de winner indéfectible et chère à notre président. Malheureusement, la dure réalité de son obsolescence programmée est venue mettre un coup d’arrêt à ses ambitions.

Un coupable parfait.

Ce coupable tout choisi, haï de tous et en particulier de nous spectateur, est un rouage de cette mondialisation, dont la trinité peut se résumer ainsi: toujours plus, toujours moins cher, toujours plus vite. Malgré son geste impardonnable, il est le seul à assumer son acte. Face à son employeur d’abord, auquel il demande des remerciements pour ce qu’il a fait. Puis avec sa femme à qui il avouera finalement sa faute, au risque de tout perdre. In fine, c’est le seul à ne pas être hypocrite. 

En effet, il subvient aux besoins de sa famille. Il se lève tôt. Aidé de sa plus jeune fille, il réveille le reste de sa famille. Mais un jour, après un retour impromptu à la maison, il découvre que sitôt dans la voiture toute sa tribu se recouche. 

Première hypocrisie de ceux qu’il “nourrit”.

Sa famille lui reproche sa décision (inhumaine je le rappelle), dans une ultime hypocrisie. Car cette communauté jouit de la vie, le dernier iPhone en poche au bord d’une belle piscine, grâce à des gens comme lui qui accepte de prendre ce genre de décisions.

Le dénuement.

Pour retrouver une vie normale, celle “d’avant”, Il finit par accepter un travail à la finalité illégale. Pour un salaire mirobolant. Et ainsi, permet de préserver le train de vie de sa famille. Comme lui indique son fils “qui a accepté son absence mais n’accepte pas de baisser son niveau de vie”. Il ré-endosse alors ce rôle inhumain mais nécessaire à notre société qui nous permet à tous de vivre confortablement au frais de multiple sacrifices tout au long de cette chaîne mondialisée.

tiers état

Il n’y a pas de rédemption pour notre antihéros, mais une parfaite continuité dans une société toujours plus compétitive. Un anti happy end où tout a changé (pour la petite fille peut être et nous ?) mais où tout reste pareil.

Qui est le plus coupable, celui qui agit ou celui qui en profite hypocritement ? Qui serait prêt à abandonner sa qualité de vie ? Pas eux, pas nous ? 

Le réalisateur prépare deux autres films: ceux qui combattent et ceux qui prient.

Spyro Reignited Trilogy tout feu tout flamme sur Nintendo Switch


Testé sur Nintendo Switch

Il y a plus de 21 ans, un mignon petit dragon connu sous le nom de Spyro faisait son entrée sur la première Playstation. Fort d’un immense succès à l’époque, nous avons pu avoir droit à deux suites les années suivantes, en 1999 et 2000.
A l’instar de Crash Bandicoot, Activision redonne vie à un monument du jeu vidéo des années 90 ayant fait le bonheur des joueurs.
Après une sortie sur PS4 et Xbox One, Spyro Reignited Trilogy s’apprête à nous suivre partout sur Nintendo Switch, pour le meilleur ou pour le pire ? 

Nous en avons pas fini avec les reboots de célèbres jeux des années 90. Après la trilogie Crash Bandicoot et Crash Team Racing, Activision nous propose de replonger dans la licence Spyro, avec Spyro Reignited Trilogy.
Nous y retrouvons l’ensemble des trois premiers opus, Spyro Le Dragon, dans lequel vous devrez libérer tous les dragons emprisonnés dans des critaux et ainsi sauver le royaume du terrible (vilain/pas beau) Gnasty Gnorc. Ensuite, nous avons Spyro Ripto’s Rage où vous devrez libérer le Royaume d’Avalar du sorcier maléfique Ripto. Et enfin, Spyro Year of The Dragon où il vous faudra retrouver tous les oeufs de dragon dérobés dans les « Royaumes Oubliés » et gardés par une armée de Rhynocs et une sorcière maléfique. C’est bizarre, les histoires nous paraissaient plus complexes à l’époque…

Premier gros et bon constat après les premières heures de jeu, nous retrouvons l’ADN des jeux d’origine, le tout avec une belle mise à jour. Ne tournons pas plus que ça autour du pot et parlons de l’évolution technique du jeu.
Spyro Reignited Trilogy est littéralement magnifique. Nous avons bien sûr droit à des concessions graphiques par rapport aux versions PS4 & Xbox One. Ainsi, les textures sont moins détaillées, on constate un effet flou léger mais qui ne gêne pas du tout le confort du jeu, contrairement à un Wolfenstein Youngblood. La fluidité est également au rendez-vous sur la majorité des jeux. Nous avons eu quelques ralentissements par endroits mais ils étaient présents également sur Xbox One et PS4. Nous espérons qu’une mise à jour en viendra à bout. Côté gameplay RAS, il reste fidèle aux premiers opus et répond au doigt et à l’oeil autant sur vos Joy-Con et Switch Pro.


PS4
PS4

Nintendo Switch Nintendo Switch

La nostalgie ne fait pas tout ! 

Qui dit remake, dit nostalgie, dit potentiellement… déception.
Lorsque nous avons lancé pour la première fois ce dernier Spyro, nous étions partagés entre excitation et crainte. La peur de détruire tous ces bons souvenirs d’antan au bénéfice de graphismes HD.
Tout d’abord rassurez-vous, l’excellent travail d’Activision nous fait rapidement oublier nos principales craintes. Mais, car oui il y a un mais, le level-design, très bon à l’époque, montre aujourd’hui ses limites. La plupart des niveaux se résument à foncer pour récupérer les cristaux, tuer les ennemis d’un coup de cornes ou d’un jet de flammes. Difficile pour nous, vous en conviendrez, de vous le conseiller ce titre par rapport à un Super Mario Odyssey. Alors que vous serez émerveillés par la re-découverte de tout cet univers, un profane de la licence aura vite fait de s’ennuyer. Cela est d’ailleurs surtout vrai dans le premier Spyro Le Dragon, qui posait les bases de la série. Les deux épisodes qui suivent apportent quelques nouveautés intéressantes, mais ça reste bien léger face aux évolutions que l’on a pu voir passer en 20 ans de jeux du genre. Ne vous y méprenez pas, cette trilogie est avant tout une Madeleine de Proust.

Spyro Nostalgie

En conclusion, Spyro Reignited Trilogy est un excellent remake. Vous y retrouverez tout ce que vous avez aimez lorsque vous étiez aux commandes il y a 20 ans. Les graphismes flattent la rétine et les animations vous esquisseront plus d’un sourire de nostalgie. Pour ceux qui n’ont pas connu le titre d’origine, ce Spyro est un jeu de plate-forme sympathique, qui conviendra sans doute aux plus jeunes d’entre nous. Cependant, il ne fait pas le poids par rapport aux titres du genre actuels tel qu’un Super Mario Odyssey.

GRAPHISMES
Beaux, variés et détaillés
85%
Gameplay
Cohérent à l’époque, daté aujourd’hui
70%
Scénario
30%
Durée de vie
Très complet
70%
Bande Son
Bruitages et musiques agréables
80%
Crash test
39.99

Prix conseillé, après le Crash Test.
Mais qu’est ce qu’un CRASH TEST ?
Mais qu’est ce qu’un Crash Test ? Contrairement aux nombreux tests que l’on peut trouver, la note finale est donnée à travers un prix d’achat conseillé. Partant du prix de vente neuf constaté (environ 39,99€), Crash Test tacle là où ça fait mal et vous donne la véritable valeur d’un jeu. Pourquoi payer trop cher ses jeux vidéo ?

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